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Jeanne d'Arc à la Chapelle du Mas-Saint-Jean : réalité ou légende ?
Propriété de la Commune de Saint-Sulpice-le-Dunois depuis septembre 2002, la Chapelle et le vieux tilleul, situés à la sortie du hameau du Mas Saint Jean, sont un but de promenade incontournable.
Le vitrail de la Chapelle , réalisé en 2005 par Antoine Duchambon, Maître verrier à Saint-Laurent-les-Eglises, a été offert par Monsieur Gaston Delacour, habitant du Mas Saint Jean.

Jeanne d’Arc à la Chapelle du Mas-Saint-Jean : réalité ou légende ?

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Les Sulpiciens et Sulpiciennes, et surtout ceux du hameau du Mas Saint Jean, vous le diront : Jeanne d’Arc est venue dans la Commune, prier à la Chapelle du Mas-Saint-Jean.
Certains sous-entendent même que ce serait elle qui aurait planté le tilleul ...
Nul à ce jour n’a pu confirmer ni infirmer ce fait ... ou légende.
Une chose est sûre, l’un ou l’autre alimente les conversations et est le sujet de nombreuses proses.
Elles se rejoignent, se contredisent ...
N’hésitez pas à nous faire part des informations que vous pourriez détenir !

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"Non, Jeanne d’Arc n’est pas née à St Sulpice.
Si je lui consacre quelques lignes c’est pour discourir de son passage au Mas Saint Jean. Alors, posons la question :
Jeanne d’Arc est-elle passée dans la paroisse de St Sulpice ?
Loin de moi l’idée de démontrer qu’un tel passage tient de la fable ou de la légende.
J’ai de nombreux amis qui sont persuadés que Jeanne a bien prié au Mas Saint Jean. Ils ont raison et leur conviction colle avec ce décor somptueux du Bois de Chabannes. Ils ont encore raison car nul historien n’a jamais confirmé ou infirmé les faits.
Essayons de mieux cerner le problème :
Deux historiens ont travaillé là-dessus ;
Berriat de St Prix qui écrit qu’en 1430 « Jeanne d’Arc vint aux Marches du Berry ».
Devant cette vague indication, le marquis de Maussabré a préféré relever les noms des hommes d’armes qui s’étaient engagés à suivre la Pucelle ou lui avaient versé des subsides en ce début d’année 1430. L’itinéraire qu’il préconise, débutant à Mehuns/Yévre passerait par Measnes, St Germain Beaupré et peut-être par la Bastide de Naillat, à deux pas du Mas Saint Jean. A l’époque le vicomte de « Naillac Bridiers » n’est autre que le beau-père du Maréchal de Boussac, Jean de Brosse, probable instigateur de cette chevauchée et compagnon d’armes de Jeanne.
Je pense connaître un témoin oculaire, capable de dire la vérité. Je suis allé l’interroger mais il est tellement vieux, ses branches sont tellement fragiles et sa charge est si lourde qu’il a perdu la mémoire. ..."

Sources :
Berriat de St Prix - Jeanne d’Arc ou coup d’oeil sur la révolution de Franœ au temps de Charles VI et Charles VII. Paris. 1817
M. de Maussabré . Revue du Berry. La Chevauchée de J. d’Arc en Berry. Octobre 1909.
Mémoires de la S des Sciences de la Creuse. C. Laborde. Tome 28
Pierre Buvat . Album « Confidences dunoises ». Lettre X.

Pierre Buvat - Extrait du magazine d’informations municipales n° 14 - juillet 1996

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"J’ai découvert à la bibliothèque du CMC de Ste Feyre un certain nombre de documents traitant de la question. Les nombreux auteurs divergent sensiblement sur le sujet ; l’un des textes paru dans les mémoires de la SSNA présente cependant un intérêt certain ; j’en livre le contenu à la connaissance de mes compatriotes : ils sont nombreux à porter grand intérêt à l’histoire de notre commune.
Jeanne a-t-elle chevauché au Berry ? Des incertitudes subsistent concernant les déplacements de Jeanne d’Arc au début de l’année 1430.
A Noël elle est à Jargeau (45) ; le 27 décembre à Melun-sur-Yère (77) où le Roi lui confère ses lettres d’anoblissement ; puis au début de janvier, Jeanne se rend à Bourges où elle séjourner quelques temps. Le 26 janvier la présence de la Pucelle est encore signalée à Vierzon aux côtés du Roi. Après cette date, plus rien.
Où Jeanne s’est-elle rendue ? Où a-t-elle séjourné depuis la fin de janvier jusqu’à la mi-mars, date de son retour à Sully-sur-Loire ?
Camille Laborde a fait paraître un article intitulé « Jeanne d’Arc est-elle passée en Haute-Marche ? » et il écrit : la tradition locale veut que Jeanne d’Arc, au cours d’un voyage en Haute-Marche, se soit arrêtée, pour y prier, à la Chapelle du Mas Saint-Jean, paroisse de St Sulpice le Dunois, près du château aujourd’hui ruiné de Bastide. Y-a-t-il quelque chose de vrai dans cette légende ?
Dans le numéro d’octobre 1909 de la revue du Berry a paru un article du Comte F. de Mausalere, commenté par J. Pierre et l’abbé Babon et intitulé « La chevauchée de Jeanne d’arc en Berry ». En voici l’analyse :
Berreat de St Prex serait le premier à signaler ce voyage par cette simple phrase : « Jeanne d’Arc vint aux marches du Berry ». Il ne donne aucune indication de source. Pour M. de Mausalere les marches du Berry faisaient face aux Marches du Limousin et s’étendaient depuis Boussac jusqu’à Eguzon. Pour J. Pierre au contraire, le marches du Berry comprenaient les marches d’Orsennes et celles du Chatellier : c’est-à-dire seulement le territoire d’Orsennes et de Pommiers. Le Maréchal de Boussac, Jean de Brosse, fut peut-être l’instigateur de cette chevauchée. Jeanne a certainement confié à ses compagnons d’armes son désir de marcher sur Paris. Il lui faut pour cela rassembler des hommes et recueillir l’argent qui paiera les frais de l’entreprise. C’est dans ce but que le Maréchal dirige Jeanne vers cette partie du pays où son influence est grande, afin d’entraîner les châtelains et leurs hommes et d’obtenir leurs subsides.
Partant de cette donnée et ayant cherché quels étaient les hommes d’armes qui avaient pris part aux divers engagements, M. de Mausalere a pensé que Jeanne avait dû suivre l’itinéraire assez fantaisiste qui passe notamment par Lignières, st Chartier, Crevant, Cluis, Gargilesse, Château Brun,Orsennes, StGermain Beaupré, naillac, Bridiers, Salagnac, Montaigut, Peyrusse, St Vaury, Malval, Bois Lamy, La Cellette, poor arriver enfin à Boussac chez le Maréchal de Brosse. Retour par Ste Sévère, Culan, Châteaumeillant et St Amand Montrond.
Au cours de cette chevauchée, conclut C. Laborde, Jeanne a très bien pu s’arrêter à La Bastide et au Mas St Jean.
Par contre, Emile Chenon conteste la possibilité d’un tel déplacement. _ De ses notes archéologiques et historiques sur le Bas Berry il écrit : la prétendue chevauchée de Jeanne d’arc aux marches du Berry ou plus exactement aux marches du sud du Bas-Berry est invraisemblable.
Il faut tout d’abord écarter les marches d’Orsennes qui ne se sont jamais appelées Marches au Berry et dont le seigneur Foucaut de Chamborant, seigneur de Dreux, Chamborrant, Orsennes et autres lieux, n’est cité nulle part comme ayant figuré à la Cour de Charles VII. Mais de plus, pour Culan et Ste Sévère, le voyage de Jeanne d’arc ne se comprend en aucune façon car elle savait pertinemment qu’elle n’y trouverait pas ses compagnons d’armes. Louis de Culan avait été laissé dans le Nord, avec le Comte de Vendome, pour contenir les Anglais, et il avait fort à faire. Quant au Maréchal de Brosse, que Jeanne d’arc venait à peine de quitter, s’il était retourné dans ses seigneureries, c’est à Boussac où il résidait habituellement et non à Ste Sévère qu’il avait dû y aller. Jusqu’à preuve du contraire, nous tenons « La chevauchée aux marches du Berry » pour pure légende.
Si Camille Laborde et les auteurs qu’il cite n’apportent pas la preuve de la venue de Jeanne d’Arc aux confins sud du Berry. Emile Chenon, malgré ses affirmations, ne démontre nullement que la Pucelle ne soit pas descendue au cours de février 1430 jusqu’aux limites de la Marche où pouvait l’attirer la présence du Maréchal de Boussac. Le fait que Jeanne d’Arc venait de quitter Jean de Brosse depuis moins de deux mois n’implique nullement qu’elle n’ait pas eu le désir de le rencontrer à nouveau dans ses seigneureries. Boussac ou Ste Sévère, pour les raisons que suggère Camille Laborde.
Les documents actuellement connus ne permettent ni d’affirmer, ni d’infirmer le déplacement de Jeanne d’Arc en Bas Berry au début de 1430. Toutefois, que Jeanne d’Arc « ait chevauché aux marches du Berry » ou soit « restée se morfondre à Bourges », une tradition demeure de nos jours en Pays creusois : elle conte que Jeanne d’Arc est venue jusqu’en Marche, s’est agenouillée et a prié en la chapelle du Mas St jean. Même si ce n’est qu’une pure légende, elle mérite cependant d’être rapportée, ne serait-ce que pour montrer l’émotion que le nom de la Pucelle n’a cessé d’éveiller, à travers les siècles, dans le cœur des Français."
Lucien Aubard - Extrait du magazine d’informations municipales n° 7- janvier 1993

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Alain VAUGE, auteur de « J’ai nom Jeanne la Pucelle, Journal d’une courte vie » aux éditions Bénévent, nous a fait parvenir ce courriel en avril 2012 :

« J’ai lu avec intérêt cet article sur Jeanne d’Arc en rapport avec Saint-Sulpice-le-Dunois. J’y mettrai mon grain de sel ou ma petite pierre à l’édifice.
Au risque de décevoir les Sulpiciens et Sulpiciennes, je doute absolument que Jeanne soit jamais passée par là, ni en 1429, ni en 1430. C’est sans doute en novembre-décembre 1429 qu’elle fut au plus près des « marches du Berry », étant occupée au siège désastreux de la Charité-sur-Loire.
En mars-avril 1430, ses liens avec les capitaines qu’elle avait côtoyés durant 1429 étaient rompus. Les uns et les autres guerroyaient avec leurs propres troupes -et pour leur propre compte- contre les garnisons anglaises ou bourguignonnes ou les deux à la fois. Officiellement, c’était la trêve (avec le parti bourguignon), dans les faits, ce n’était que « pilleries » de part et d’autre. Jeanne était esseulée, et l’on pourrait dire « assignée à résidence » tant elle dépendait du bon ou du mauvais vouloir de La Trémoille. Bourges, Sully-sur-Loire, furent des résidences qu’elle ne choisit pas elle-même.
Dès la fin officielle de la trêve, Jeanne voulu se mêler aux débats armés et envisagea, semble-t-il, de prendre Paris à la faveur d’une sédition dans la ville.
Elle recruta, pour son propre compte, une compagnie de mercenaires italiens dirigés par le capitaine Bartelemi Baretta. A ses propres frais, sans doute soutenue financièrement par ses frères et ses proches comme Jean d’Aulon. Puis, sans rien dire, elle mit le cap sur Lagny-sur-Marne.
Il est infiniment improbable que ce recrutement se soit fait hors de la zone comprise entre Tours et Bourges. Si Baretta et ses deux cents mercenaires étaient à la recherche d’un engagement, c’est plus probablement vers l’Orléanais qu’ils attendaient et non à 200 km plus au sud où rien ne se tramait.

L’absence d’éléments probants nous interdit d’aller plus loin.
Alors, laissons aux légendes le bénéfice du doute ...

Pour en savoir un peu plus sur l’ouvrage : http://jeannedarc.monsite-orange.fr
Bien cordialement, Alain VAUGE

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